La « Isla Bonita » ne va pas faire de cadeaux aux quadriceps cette semaine. L'organisation de la Transvulcania 2026 vient d'activer le protocole de sécurité face à des prévisions météo qui promettent de transformer la Ruta de los Volcanes en un enfer de vent et de pluie. Avec des rafales dépassant les 50 km/h sur les crêtes et une chute drastique des températures au Roque de los Muchachos, le matériel obligatoire n'est plus une simple recommandation technique, mais la frontière entre le podium et l'hypothermie.
L'enjeu de cette édition réside dans la gestion du froid extrême sur un terrain taillé pour la chaleur. La bataille débutera jeudi avec la Transvulcania Vertical Climb à Tazacorte, un apéritif qui va brûler les poumons avec 1 160 mètres de dénivelé positif en à peine 7 kilomètres. Mais le plat de résistance de samedi, l'Ultramaratón de 73 km, s'annonce comme l'une des courses les plus tactiques de la décennie. Le duel entre l'Américain Ben Dhiman et l'Italien Andreas Reiterer ne se jouera pas seulement à la vitesse ascensionnelle, mais à la capacité de survie face au brutal contraste thermique entre le départ au Faro de Fuencaliente et le toit de l'île.
Le record historique de Luis Alberto Hernando peut-il tomber ? Sur terrain humide, le single track volcanique devient traître. Le malpaís de lave, déjà un redoutable casse-pattes, se transformera en patinoire noire où l'accroche des crampons sera cruciale. Les coureurs du Media Maratón et du Maratón, qui affichent complet depuis des mois, affronteront un mur invisible : un vent de face dans la descente technique vers le Puerto de Tazacorte, un plongeon de plus de 2 000 mètres qui martyrise les genoux jusqu'à la rupture.
Attention à l'armada kenyane sur les distances courtes. Joyce Njeru et Philemon Kiriago débarquent pour affoler les chronos de la Coupe du Monde de Mountain Running, mais leur principal adversaire ne sera pas la montre, mais un climat qui a poussé la direction de course à exiger le kit grand froid complet. À La Palma, quand le volcan gronde sous forme de tempête, l'épique du trail running atteint sa version la plus brute.