Kristian Blummenfelt ne vient pas dans les Alpes françaises pour admirer le paysage, il vient pour faire exploser le chrono lors d'une édition qui menace de griller les triathlètes les moins préparés à la chaleur extrême. Les bruits de couloir au paddock d'Allemont indiquent que le Norvégien a pour objectif de descendre sous les 5 heures et 45 minutes sur le format L, une marque qui relevait de la science-fiction vu le profil casse-pattes de l'épreuve. Le duel est lancé dans les 21 virages les plus célèbres du cyclisme mondial, où le bitume atteindra des températures critiques ce jeudi lors de l'ascension finale.
L'enfer des 21 virages par 35 degrés
La véritable information cette année n'est pas seulement le plateau Élite, mais les prévisions météo de l'organisation. Une canicule est attendue, transformant la montée depuis Bourg d'Oisans en un véritable four. Le Triathlon de l'Alpe d'Huez L, avec ses 140,2 kilomètres et ses 3 540 mètres de dénivelé positif, imposera une gestion de l'hydratation millimétrée. Ce n'est pas une course de watts, c'est une course de survie. Le segment cycliste, incluant le Col du Grand Serre et le Col d'Ornon avant d'affronter le mur final, sera le juge de paix qui décidera qui arrivera avec des jambes à la transition au sommet.
Bataille d'explosivité sur la distance M
Si les projecteurs sont braqués sur jeudi, l'intensité se déplace vendredi sur la distance Olympique à Huez. Ici, la dynamique change radicalement : sans drafting et avec 1 200 mètres de dénivelé en seulement 51,5 kilomètres, l'explosivité sera la clé. On a vu des spécialistes de la courte distance ajuster leurs braquets pour ne pas rester plantés dans les rampes à 12 %. La clé se trouvera au Lac du Verney ; celui qui sortira de l'eau avec plus de deux minutes d'avance aura de sérieuses chances de résister à l'assaut des purs grimpeurs dans la montée.
La préparation des PROs cette année a tourné autour de la thermorégulation. Plusieurs équipes ont effectué des stages en altitude, tout en redescendant dans les vallées pour des séances d'intensité sous le soleil de midi. Le record de l'épreuve ne tient qu'à un fil, mais le risque d'une fringale monumentale dans les quatre derniers kilomètres de course à pied, à 1 800 mètres d'altitude, est plus réel que jamais. La gestion de l'acide lactique lors de la transition T2 marquera la différence entre la gloire sur le podium ou l'effondrement total avant la ligne d'arrivée.