La barrière des vingt-trois heures sur le tracé de 166 kilomètres du ZUT100 est sur le point d'exploser. Après des années de domination technique sur les crêtes bavaroises, l'édition 2026 s'annonce comme la plus rapide de l'histoire grâce à un terrain exceptionnellement sec qui permettra aux spécialistes de l'ultra-distance de s'envoler sur les 8 205 mètres de dénivelé positif entourant le massif de la Zugspitze. Les services météo confirment une fenêtre de stabilité thermique qui évitera les habituels orages de Garmisch-Partenkirchen, laissant le chrono comme seul juge dans ce chantier pour les quadriceps.
Le calvaire des 100 kilomètres et la gestion du lactate
Alors que l'attention médiatique se porte sur l'épreuve reine, l'Ultratrail de 107 kilomètres se profile comme un laboratoire de torture avec ses 5 280 mètres de D+. Les coureurs qui prendront le départ le vendredi 19 se heurteront à un mur invisible à partir du 70ème kilomètre, là où le single track devient technique et où les racines humides ne pardonnent aucune erreur d'appui. Sur cette distance, la gestion du glycogène et la capacité à garder du rythme dans les descentes casse-pattes feront la différence entre le podium et l'abandon pour fatigue extrême.
Ehrwald et Leutasch : Le piège de la vitesse
Tout n'est pas qu'endurance pure sur les sommets de Bavière. L'Ehrwald Trail, avec ses 86 kilomètres et un dénivelé frôlant les 4 300 mètres, impose aux athlètes une transition constante entre puissance aérobie et agilité technique. De son côté, le Leutasch Trail de 69 kilomètres a attiré cette année une meute de coureurs issus du marathon de montagne cherchant à faire sauter la course dès le premier ravitaillement. Sur ces formats intermédiaires, la stratégie nutritionnelle est critique ; une erreur de calcul dans les sels et la fringale surgit avant de couronner le dernier col.
La logistique pour les 4 000 dossards répartis entre Mittenwald, Grainau et les distances courtes de 29 et 16 kilomètres met à l'épreuve l'organisation qui a sécurisé les passages les plus exposés. Le passage par la vallée de Reintal sera, une fois de plus, le point de non-retour où les coureurs du ZUT100 devront décider s'ils maintiennent la pression pour le record ou s'ils survivent simplement pour rallier l'arrivée à Garmisch.