Le thermomètre de la Plaza del Salón à Grenade affichera bien plus que la température ambiante ce vendredi à 22h00 ; il marquera le début d'une ascension agonisante vers le toit de la péninsule. Avec un record historique de 1 800 inscrits, l'Unicaja Ultra Sierra Nevada n'est pas seulement une course d'endurance, c'est un piège à oxygène où le véritable adversaire n'est pas le chrono, mais l'altitude extrême qui attend les coureurs sur les pentes du Pico Veleta.
L'enfer vertical des 5 480 mètres de D+
La modalité ULTRA de 100 kilomètres pose un défi technique que peu d'événements en Europe peuvent égaler. Après un départ explosif en ville, les coureurs affrontent un profil sans répit, accumulant un dénivelé positif qui détruit les quadriceps avant d'atteindre le point critique : le passage au-dessus des 3 000 mètres. À cette altitude, le rendement chute de 15 % et chaque foulée sur le single track devient une lutte contre l'hypoxie. Il n'y a pas de place pour le drafting ni pour des stratégies conservatrices ; ici, la gestion des réserves de glycogène et l'hydratation aux ravitaillements de Beas de Granada et Quéntar décideront de qui arrivera à la station de Pradollano.
Duel de titans sur neige de printemps
Après la victoire du Français Cédric Chavet l'an dernier, tous les regards sont tournés vers la capacité des coureurs locaux à reconquérir le trône sur un terrain qui, selon les derniers bulletins, présente des conditions de neige de printemps : dure et traîtresse à l'aube, molle et absorbante à la mi-journée. Ce facteur sera déterminant non seulement sur l'Ultra, mais aussi sur le TRAIL de 74 km, où le casse-pattes initial depuis Cenes de la Vega fait généralement payer l'addition avant la grande montée finale.
La tension montera encore d'un cran samedi et dimanche avec le MARATÓN (déjà complet) et la MEDIA. Sur ces distances plus courtes, le rythme sera frénétique dès le premier kilomètre pour éviter le mur dans les rampes les plus exposées au soleil de Grenade. Avec le Championnat d'Andalousie de Ski de Montagne en parallèle, la sierra se transforme ce week-end en une fournaise de watts et de pulsations cardiaques au rupteur, où seuls ceux qui maîtrisent la transition entre le bitume et le chaos technique de la haute montagne décrocheront la médaille de finisher.