Le bulletin météo sur la côte du Hampshire a déclenché l'alerte rouge, menaçant de transformer la 34ème édition de la AJ Bell Great South Run en une véritable lutte pour la survie face aux rafales de la Manche. Avec des vents pouvant dépasser les 60 km/h dimanche, le passage mythique sur Southsea Seafront — ces deux derniers kilomètres totalement exposés à l'océan — s'annonce comme un mur invisible capable de briser toute ambition de record personnel sur les 16,09 km du parcours.
Le facteur vent sur le bitume plat
Bien que Portsmouth affiche un profil avec un dénivelé positif nul, l'absence de protection naturelle transforme la course en un exercice de watts et de force mentale. Les athlètes d'élite, habitués à chercher des chronos proches du record d'Europe sur ce tracé homologué de 10 miles, devront oublier la montre pour se concentrer sur la tactique de groupe. Le drafting deviendra vital ; courir à l'abri des autres coureurs fera la différence entre garder des jambes pour le final ou subir une fringale monumentale avant d'apercevoir le Victory de Nelson.
L'avant-garde du samedi
Les hostilités débuteront le 17 octobre avec la AJ Bell Great South 5k, une distance explosive qui servira de baromètre pour mesurer la force des courants d'air. Sur ce format court, la gestion de l'acide lactique est secondaire face à la capacité de pousser contre le vent de face. Les coureurs amateurs cherchant à descendre sous les vingt minutes trouveront dans les longues lignes droites de Clarence Esplanade leur plus grand défi technique, les obligeant à modifier leur foulée pour rester stables.
L'organisation de Great Run reste en alerte face aux possibles modifications de dernière minute des structures d'arrivée si la tempête forcit. Pour les puristes du fond, cette édition ne restera pas dans les mémoires pour les temps de passage au dixième kilomètre, mais pour la capacité des coureurs à maintenir leur allure alors que les embruns et les rafales latérales tentent de les sortir de la route. La véritable info réside dans la résilience d'une ville dévouée à sa course phare, malgré une météo britannique décidée à montrer son visage le plus rude.